COLLECTIF, « Penser et représenter le corps dans l’Antiquité »

Sous la direction de Francis PROST et Jérôme WILGAUX

Collection : Histoire

Editeur : Presses Universitaires de Rennes

Date : 2006

Pages : 412

Ouvrage consultable sur OpenEdition

Présentation :

Dans un article fondateur paru en 1934, Marcel Mauss invitait anthropologues, sociologues et historiens à étendre leurs investigations aux techniques corporelles, désignant par cette expression les façons dont les hommes se servent de leur corps dans une société donnée. Cet art d’utiliser son corps varie d’une société à une autre, d’une époque à une autre : c’est pourquoi penser le corps ou le représenter ne se réduisent pas à une somme de connaissances scientifiques, mais relèvent bien d’une histoire, avec ses rythmes propres, ses ruptures et ses évolutions spécifiques.
Depuis près de quarante ans, la recherche scientifique s’est évertuée à mettre en évidence cette histoire principalement à partir de l’avènement du christianisme, plus exactement à partir de l’émergence de nouvelles subjectivités, dans le but d’élucider les relations complexes que notre modernité décèle derrière les usages des plaisirs ou le souci de soi. Mais avant cette modernité, comment pensait-on le corps ? Quels étaient les systèmes de représentations mentales qui structuraient l’appréhension corporelle dans ses tâches et ses emplois quotidiens ou exceptionnels ? Si l’éducation ou la tradition impriment des marques culturelles indélébiles sur le corps de tous et chacun, comment les corps ont-ils fonctionné dans les sociétés de l’Antiquité ?
Le colloque international tenu sur ce thème à l’université Rennes 2, dans le cadre de la Celtic Conference in Classics, se proposait d’apporter quelques réponses à ces questions et de livrer, par des études de cas, quelques clefs de compréhension. Les sociétés des cités grecques ou de l’Empire romain ont édicté des conduites, sanctionné des écarts, selon leurs normes propres, souvent bien éloignées des nôtres, parfois si proches aussi. Et, loin de réduire le corps à n’être qu’un instrument de savoir-vivre ou un carcan étroitement surveillé, les Anciens ont surtout développé une pensée pour que le corps sache vivre et mieux vivre dans le monde.


Sommaire :

CORPS HOMÉRIQUE, CORPS ARCHAÏQUE
Sylvie GALHAC, Ulysse aux mille métamorphoses ?, p.15-30
Francis PROST, Corps primitif, corps archaïque. Anthropologie et archéologie de la représentation corporelle en Grèce ancienne, p.31-42

CORPS SENSIBLES
Béatrice NICOLAS, Penser les facultés sensorielles : Théophraste et les étonnantes leçons olfactives de la peau, p.43-60
Laurence VILLARD, Vocabulaire et représentation de la douleur dans la Collection hippocratique, p.61-78
Frédéric LE BLAY, Penser la douleur dans l’Antiquité : enjeu médical ou enjeu philosophique ?, p.79-94

NORMES DU CORPS, CORPS HORS NORMES
Véronique DASEN, Nains et pygmées. Figures de l’altérité en Égypte et Grèce anciennes, p.95-114
Antoine HERMARY, Le corps colossal et la valeur hiérarchique des tailles dans la littérature et la sculpture grecques archaïques, p.115-132
Alexa PIQUEUX, Rembourrages et image du corps dans la comédie ancienne et moyenne : témoignages archéologiques et textes comiques, p.133-152

LE CORPS AU FÉMININ
Lydie BODIOU, De l’utilité du ventre des femmes. Lectures médicales du corps féminin, p.153-166
Hélène BECTARTE, Le corps féminin dans l’art funéraire attique des époques archaïque et classique : un inventaire et quelques pistes, p.167-190

LA VÉRITÉ DES CORPS
Valéry LAURAND, Du morcellement à la totalité du corps : lecture et interprétation des signes physiognomoniques chez le Pseudo-Aristote et chez les Stoïciens, p.191-208
Véronique MEHL, Le beau et la bête. Initiation et maîtrise des victimes sacrificielles, p.209-226

LE CORPS À L’ÉPREUVE
Nick FISHER, The pleasures of reciprocity : Charis and the Athletic Body in Pindar, p.227-246
Christophe VENDRIES, Abstinence sexuelle et infibulation des chanteurs dans la Rome impériale, p.247-262
Pierre BRULÉ, Le corps sportif, p.263-288
Gaëlle FICHEUX, La magie amoureuse et l’anatomie du Tendre, p.289-306

LA PARENTÉ PAR LE CORPS
Jean-Baptiste BONNARD, « Il paraît en effet que les fils ressemblent aux pères », p.307-318
Philippe MOREAU, Sangs romains. Taxinomie du sang dans la Rome ancienne, p.319-332
Jérôme WILGAUX, Corps et parenté en Grèce ancienne, p.333-350

CORPS POLITIQUES
Roger BROCK, The body as a political organism in Greek thought, p.351-360
François QUEYREL, Le corps du roi hellénistique, p.361-376
Hadrien BRU, La représentation du corps de l’empereur en Syrie romaine. Réalisme, idéalisation, légitimation, p.377-398

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