Le médecin de la Cour

Les textes et inscriptions montrent que les empereurs et leurs familles ont eu, dès l’origine du principat, des médecins attitrés . Ils sont liés au sort de la maison impériale, parfois confidents et complices, les premiers portant le titre de  » médecin de la maison d’Auguste  » . Certains de ces médecins sont célèbres : C. Aemilius, qui soigne Auguste souffrant du foie à son retour d’Espagne avec des topiques chauds, mais sans résultat ; Antonius Musa, qui lui succède, le sauve par des topiques et des bains froids et le met à la laitue , méritant du Sénat un anneau d’or et une statue ; il est issu d’une famille destinée à servir le pouvoir, puisque son frère Euphorbe est le médecin du roi Juba II de Maurétanie ; Q. Stertinius, qui renonce à sa clientèle pour être le médecin de Caligula, tandis que son frère, C. Stertinius Xénophon, est celui de Claude . Tibère vieillissant, dans sa villa de Misène, se confie à Chariclès,  » illustre praticien, qui, sans surveiller habituellement la santé de l’empereur, lui donnait à l’occasion des conseils  » . Nous connaissons aussi Andromachos, médecin de Néron ; L. Arruntius Sempronius Asclepiades, médecin de Domitien ; et enfin Galien, à qui est confiée la santé du jeune Commode et qui soigne Marc-Aurèle, qu’il guérit de ses coliques, et qui ne permet à personne d’autre de préparer ses antidotes. Plus tard, il soigne aussi Septime-Sévère. Les princesses, Marcella, Antonia, Faustine, Augusta, Sattia,… ont aussi leurs médecins personnels .

Jusqu’au IIIe siècle, le médecin de la cour n’est pas un fonctionnaire et peut, comme Galien, avoir une clientèle privée. C’est sous Alexandre Sévère, entre 222 et 235, que, selon l’Histoire Auguste , un médecin officiel portant le titre de  » médecin du palais  » (medicus Palatinus), est attaché à la personne du prince et reçoit un traitement en numéraire. Il vient s’ajouter aux 6 médecins ordinaires du Palais payés en nature, ce dernier comprenant diverses maisons, dont celle de se grand-mère Julia Maesa, de sa mère Julia Avita Mammaea et de sa femme Seia Herennia Sallustia, auxquelles doivent être attachés des médecins. Celui du prince a eu le titre d’archiater, à peu près  » médecin chef « , titre utilisé plus anciennement pour les médecins personnels de certains souverains orientaux : par exemple Mithridate VI Eupator, roi du Pont au Ier s. av. JC. La première mention du terme pour désigner un médecin impérial figure dans une information juridique adressée en 286 par Dioclétien et Maximien à l’archiatre Aurelius, mais le terme ne reparait pas avant Constantin.

En ce qui concerne notre période, le lexicographe Erotien (auteur d’un lexique d’Hippocrate, nous ignorons tout de sa vie), au 1er s. ap. JC, et Galien au 2ème, donnent ce titre à Andromachos, médecin personnel de Néron, mais cela résulte d’un anachronisme fondé sur l’usage oriental.

L’appartenance au personnel médical de la cour impériale doit naturellement procurer des avantages conséquents, parmi lesquels un revenu fixe et des gratifications considérables. Pline a laissé le témoignage des enrichissements fabuleux de ces bénéficiaires, avec l’exemple de Xénophon et de son frère .

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