Copyright © 2009-2018.Tous droits réservés.

Retrouvez-nous sur

- La médecine romaine

- La médecine grecque

- La médecine égyptienne

- Autres civilisations

- Paléopathologie

- Les divinités sanitaires

- Instruments médicaux

- Médecine vétérinaire

- Biographies

- Bibliographies

- Liens

- A visiter

- La SFHM

- Agenda

- Représentations

- Livre d'or

- Soutenir le site

 

 

 

1ère mise en ligne le 12 Aout 2009.

Dernière mise à jour du site le 10 Mai 2018 à 8h34.

 

 

 

<<Corps et pouvoir dans les mondes anciens>>

_______________________________________________________

Journées doctorales d’ANHIMA (ANthropologie et HIstoire des Mondes Antiques)

Coordonnées par Hélène CASTELLI (Université Paris 1) et Eleonora COLANGELO (Université Paris-Diderot, Université de Pise)

Date : 18 et 19 Mai 2018

Lieu : Salles Vasari et Benjamin de l'Institut National d'Histoire de l'Art (2 rue Vivienne 75002 Paris)

 

Argumentaire :

Le corps, issu du latin corpus, constitue la partie matérielle et tangible des êtres animés. Il peut aussi, par synecdoque, désigner la personne tout entière. Le pouvoir, terme également issu du latin, renvoie à la capacité d’agir, mais surtout à celle de gouverner, contraindre, discipliner. Les Grecs et les Romains disposaient d’un vocabulaire étendu et nuancé renvoyant à cette notion : archè, dynamis, energeia, potestas, imperium.

Depuis les écrits fondateurs de Marcel Mauss, l’étude anthropologique du corps et de ses techniques a suscité l’intérêt des historiens. L’ouvrage d’Ernst Kantorowicz paru en 1957 aux États-Unis, Les deux corps du roi, a éclairé la relation entre représentation corporelle et symboles du pouvoir au Moyen Âge. C’est par la suite à Michel Foucault que l’on doit d’avoir articulé systématiquement les notions de corps et de pouvoir, décrit comme l’expression d’une domination. Surveiller et punir montrait l’évolution de l’emprise du pouvoir judiciaire par le biais des châtiments, depuis les supplices spectaculaires d’Ancien Régime jusqu’à la discipline carcérale, au fur et à mesure que la punition ne s’envisage plus comme l’imposition d’une souffrance physique mais comme la privation des droits et de la liberté. À la suite de Foucault lui-même, ce questionnement a été transposé à l’Antiquité, par exemple par Stéphane Benoist et Jan Meister, dont les articles portaient sur le corps du prince et les symboles du pouvoir à Rome, ainsi que par Vincent Azoulay dans son étude sur le lien entre la notion de charis et le politique. Le thème du sermo corporis a été par ailleurs relancé dans le débat contemporain selon une approche anthropologique du pouvoir. La relation entre corps et souveraineté s’est imposée dans les historiographies anciennes et contemporaines, le corps du roi / tyran n’étant pas un corps comme tous les autres, mais investi d’une double nature, physique et symbolique, métaphore du pouvoir. Par exemple, le comédien Cratinos nous apprend que l’homme politique était à Athènes le candidat principal à la caricature : c’est ainsi que Périclès devient pour le public athénien un Zeus humain « à tête d’oignon, (…) portant l’Odéon sur sa tête puisqu’il échappe à l’ostracisme ». Néanmoins, les récits mettant en scène Agamemnon, Atrée ou Œdipe permettent de relativiser cette association et nous révèlent au contraire le destin maudit, ainsi que l’aspect malade voire monstrueux du roi / tyran, dont le corps se fait portentum, véhicule de significations tragiques du pouvoir. Le corps de Claude est présenté par Suétone comme monstrueux, comme si la nature ne l’avait pas terminé (nec absolutum), mais seulement ébauché (incohatum). Il en va de même pour les héros grecs, au corps souvent difforme et soumis à mutilation, meurtri, transpercé, morcelé, découpé, riche en signes renvoyant à la sphère de l’excès de dynamis et de l’anéantissement physique. Signe, reflet et éloquent en même temps, le corps a été interprété comme signifiant dans les rapports de pouvoir, entre hommes, entre hommes et femmes et plus rarement entre femmes. L’histoire des femmes et l’outil du genre ont servi à exprimer ces rapports de domination, en mettant l’accent sur le caractère sexué et genré des corps. Le corps a également permis de détecter les effets du pouvoir au sens large dans la définition des rapports de domination et de soumission entre les différents groupes sociaux et religieux, ou encore en histoire sociale de la médecine entre le médecin et son patient. Ainsi, dans le cadre de cette journée doctorale d’ANHIMA, nous proposons de renouveler le débat autour de l’axe corps-pouvoir dans une perspective collective, afin d’approcher les liens qui dans les mondes anciens unissaient les régimes corporels et le pouvoir. Les marqueurs corporels du pouvoir (tels que la stature, la carnation, la nature des traits, la force), tout comme les signes produits par l’impact du pouvoir sur le corps, pourront faire l’objet d’enquêtes. Les théories sémiotiques du pouvoir, les régimes spectaculaires et les pratiques culturelles fondées sur la mise en scène du corps pourront être de même mobilisés, abordés en croisant les modes d’approches, dans une perspective comparatiste et/ou interdisciplinaire. Les registres métaphoriques concernant, dans les discours, les images et les pratiques, le « pouvoir qui se fait corps » et le « corps qui se fait pouvoir » pourront être également susceptible d’analyses.

 

Programme (disponible ici en pdf) :

Vendredi 18 Mai

Conflits, corps et pouvoi dans les sphères terrestres et mythiques

- LEFEBVRE Benoit, "Le commandant romain à l'épreuve de la guerre"

- ARNAUD Philippe, "Le corps des héros sous le regard des dieux"

- RICOZZI Giuliana, "Héphaïstos dans l'Iliade et l'Odyssée : un modèle pour les hommes entre faiblesse et puissance"

Politique, corps et pouvoir

- AUTIN Louis, "Imperatores forma ac decore corporis comparare: enjeux politiques des discours populaires sur le corps des princes"

- MAOUCHI Pauline, "L'enfant en pourpre impériale : le corps politique des Césars enfants sous les Sévères"

- LEBOULANGER Benjamin, "Arrêter un malfaiteur dans une Athènes sans police : la prise de corps selon les orateurs attiques"

- ZAMPERINI Enrica, "Corporalité et politique sur la scène du théâtre tragique grec"

Samedi 19 mai

Corps et pouvoir en médecine

- CASTELLI Hélène, "Rivaux des dieux. Le pouvoir des médecins sur les corps en Grèce ancienne"

- GRAVYLENKO Valéria, "Une peau idéale pour les médecins"

- TILLOI D'AMBROSI Dimitri, "L'Empire de la diététique : contraintes du corps et plaisirs de la table dans le monde romain"

Corps féminin et pouvoir

- CHAVARRIA Sophie, "Chenilles, concombres et sang menstruel : instrumentalisation et intégration des corps féminins dans la sphère du sacré sous la Rome antique"

- VILLARD Flavien, "Faire du sport pour faire de beaux enfants : athlétisme féminin et teknopoiia dans la Sparte classique"

- THIBAUT Emilie, "Corps puissants au féminin : seins votifs et statuettes allaitant dans les sanctuaires d'Italie centrale"

- BOURGEOIS Léna, "Le tyran dominé : le pouvoir de Thésée à l'épreuve de la beauté d'Hélène dans l'Eloge d'Hélène d'Isocrate"

 

 

 

 

Qui suis-je? - Contact - Plan du site - Mentions légales - Aide