La Médecine dans l'Antiquité

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1ère mise en ligne le 12 Aout 2009.

Dernière mise à jour du site le 28 Juin 2013 à 18h58 .

 

 

Conditions de l'exercice à Rome

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Conditions socio-économiques du médecin - Sa rémunération - Les privilèges, récompenses et honneurs - Pathologie et urbanisation

La nature même de la profession du médecin, venir en aide aux personnes en difficulté, les apaiser, les guérir et parfois les sauver, peut attirer sur sa personne les bonnes grâces de la société romaine.
Déjà César, en octroyant aux médecins grecs établis à Rome le droit de cité , les a libérés des restrictions du droit pérégrin et du versement de l'impôt (tributum). En 6 av. JC, une terrible disette contraint Auguste à chasser de Rome tous les étrangers et une partie des esclaves : les médecins en sont exemptés , quel que soit leur statut social. Il accorde aussi l'exemption totale de charge (immunitas) aux médecins urbains libres . Vespasien puis Hadrien confirment une exemption antérieure des billets de logement pour militaires et hauts fonctionnaires en déplacement. Constamment révisée, tantôt accrue, tantôt allégée, la liste de ces immunités est impressionnante, sans qu'il soit possible d'en fixer la chronologie. Ce sont d'abord l'exemption des charges publiques, en particulier de l'édilité municipale dans les provinces de l'Empire : ces fonctions de membres de la curie municipale, d'abord vues comme un honneur, sont si lourdes que le citoyen cherche souvent à s'y soustraire en embrassant des professions qui en dispensent, dont la médecine. Les exemptions, non datables, varient au cours du temps. Elles sont recueillies dans le Code Théodosien (438) et le Code Justinien (529). Ce sont : exemption du service militaire, des sacerdoces, des impôts, des fournitures de blé et d'huile pour l'Etat, des fournitures de recrues et de chevaux pour l'armée, des fonctions de juge et d'ambassadeur. C'est aussi l'exemption des charges viles, les munera sordida, comme la livraison et le transport de bois de construction et de chauffage, mais aussi de farine, de pain et de chaux . Ces avantages sont loin d'être négligeables et ont pu encourager les candidats.
S'y ajoutent des privilèges juridiques : exemption de la tutelle, charge lourde ; protection par des peines sévères contre les dommages causés par un homme libre ou un esclave ; interdiction d'assigner le médecin en justice. Une constitution de Commode, entre 180 et 192, fixe les privilèges accordés dans les villes aux médecins publics. Le traitement qui leur est alloué, les bénéfices d'une clientèle privée autorisée, les fournitures gratuites de l'annone et la dispense de fonctions officielles ruineuses garantissent aux archiatres une situation enviable.
Outre ses honoraires, le médecin reçoit des récompenses en argent selon la fortune du malade et la gravité de la maladie. Tous n'atteignent pas bien entendu la somme offerte par Auguste à Antonius Musa, mais c'est un usage. Cicéron recommande à Tiron de faire un cadeau à son médecin pour le rendre plus rapide par une récompense anticipée, mais dévoile à la fois une méfiance des patients et un manque de zèle des praticiens. Cependant, une fois guéris, beaucoup de malades sont ingrats :
" J'abandonne la médecine, dit un médecin ; elle demande beaucoup de travail, beaucoup de veilles, sans compter que ceux-mêmes qu'on guérit ne sont pas reconnaissants . "
La première des récompenses pour un médecin esclave est bien sûr l'affranchissement, dont la fréquence est révélée par le nombre des liberti medici sur les inscriptions . Au-dessus se trouve l'octroi du droit de cité, qui fait de ces étrangers des citoyens romains avec toutes les prérogatives que ce titre implique, mais c'est plus difficile à obtenir. Ainsi Pline le Jeune demande à Trajan la citoyenneté romaine pour l'Egyptien Harpocras, qui l'a soigné à Rome : l'empereur lui accorde . Le même Pline, soigné et guéri par Postumius Marinus, demande le droit de cité pour la famille de ce dernier . Il est donc avantageux de soigner des personnes haut placées. Bien qu'étant affranchi, la récompense d'Antonius Musa lui permet d'atteindre le cens équestre et il reçoit le droit de porter l'anneau d'or .
Comme aux bienfaiteurs de la cité, des honneurs sont décernés aux médecins par leurs concitoyens, par des décrets pris sur la proposition de malades ou de témoins. Plusieurs ont eu droit au titre de seuir Augustalis, charge honorifique créée par Auguste dans les villes de province, comme le chirurgien P. Decimius à Assise ou l'oculiste Q. Colias à Fano, en Ombrie, qui fait don à sa ville de deux mille sesterces pour l'érection de statues dans le temple d'Hercule et pour le pavage des rues . Rome élève par souscription une statue à Antonius Musa à côté de celle d'Asclépios . M. Artorius Asclépiadès, élève du célèbre Asclépiade de Pruse et ami d'Auguste, auquel il a sauvé la vie , est l'objet d'un culte à Smyrne et honoré sur une inscription du titre de " héros pour son grand savoir ". C. Stertinius Xénophon, médecin personnel de Claude, est nommé " demi-dieu " de son vivant et honoré de divers titres par ses compatriotes, à qui sa recommandation a valu l'immunité : " Fidèle à César, fidèle à Claude, fidèle à l'empereur, fidèle à sa patrie, bienfaiteur de sa patrie " .Statilius Attalus, médecin personnel d'Antonin le Pieux et de Marc-Aurèle, est honoré en Carie, à Hérakleia Selbaké, sa ville natale, où son nom figure même sur les monnaies.
Plus fréquent sont les legs, surtout en faveur d'affranchis, évoqués seulement dans les textes juridiques . Deux testatrices demandent à ce que leur mort ne change rien à la situation financière de leur médecin, un affranchi, qui continue donc à recevoir son traitement annuel et garde son logement, sans toutefois pouvoir réclamer la somme que sa patronne donnait pour l'achat de médicaments . Deux textes mentionnent le legs de l'instrumentum d'un médecin (collyres, emplâtres, instruments…), sans doute en faveur de confrères . Cependant la malice publique, appuyée de quelques fâcheux exemples, déconseille au malade le testament en faveur de son médecin, s'il ne veut pas passer de vie à trépas.
Ces nombreux privilèges, honneurs et récompenses ont vraisemblablement aidé à l'apparition de certaines vocations. Il ne faut toutefois pas en dénigrer les médecins qualifiés qui ne souhaitent qu'apporter leur aide dans le contexte très particulier de l'Urbs. Il est intéressant d'étudier la vision des romains sur les incidences de leur environnement sur la santé.

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