La Médecine dans l'Antiquité

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1ère mise en ligne le 12 Aout 2009.

Dernière mise à jour du site le 28 Juin 2013 à 18h58 .

 

 

Conditions de l'exercice à Rome

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Conditions socio-économiques du médecin - Sa rémunération - Les privilèges, récompenses et honneurs - Pathologie et urbanisation

Pour faire partie des arts libéraux, la médecine aurait dû être exercée à titre bénévole, ce qui aurait, bien entendu, mis en cause l'existence même de la profession. Il n'y a que certains traités de la Collection hippocratique pour admettre que le médecin grec aspire davantage à la renommée qu'à l'argent . Il est peu probable que les médecins de Rome, même grecs d'origine, aient relégué à l'arrière-plan les considérations financières. La structure sociale de la profession accentue cette tendance : le nombre d'ingenui, dont les exigences sont plus grandes, croît. Le principe d'une rémunération est confirmé par les traitements attribués plus tard aux médecins municipaux . Il existe l'exception de quelques villes, dont Marseille à partir du IIe s. av. JC, où certains praticiens fonctionnaires sont tenus de soigner gratuitement les indigents. Toutefois, le médecin privé, affranchi ou libre, reçoit de son client un salaire, et le maître le perçoit pour son esclave.
La question de la rétribution ne fait pas l'unanimité : ainsi, " les Anciens n'admettaient surtout pas que la vie puisse dépendre du paiement d'un salaire " . Selon Sénèque, le médecin ne reçoit pas une rémunération en espèce en équivalence de la valeur d'un service rendu, mais un dédommagement pour ce qu'il perd en ne pouvant pas s'occuper de ses propres affaires . Il arrive que certains soignent gratuitement à l'occasion, se conformant à la recommandation d'Hippocrate " de ne pas pousser trop loin l'âpreté et d'avoir égard à la fortune et aux ressources du patient, parfois même de soigner gratuitement ; si l'on doit secourir un homme étranger et pauvre, c'est justement ces gens-là qu'il faut aider " . Le père d'Ausone, médecin renommé de Bordeaux, offre gracieusement le secours de son art à qui le demande et " ne séparait pas sa profession de la charité ".
L'Edit de Dioclétien, en 301, fixe le prix des services de certains professionnels, mais il n'est pas question du médecin. Le prix d'une visite ou d'une consultation aurait pourtant pu apparaitre, ainsi que celui d'un mois de cours en tant que professeur de médecine. Pour notre période, les prix sont donc libres, variant avec la réputation du praticien et la nature de la maladie. Certains médecins reçoivent une rétribution annuelle pour le service plus ou moins exclusif de grandes et riches familles, de collectivités et de la cour impériale. Les règles de la profession restent vagues sur ce point, mais le montant de la rémunération est souvent fixé d'avance par un accord entre le patient et le médecin, bien qu'Hippocrate l'ait déconseillé, y voyant une sorte de chantage : le malade peut craindre d'être abandonné s'il ne peut payer les honoraires réclamés . Cicéron demande à son cher Tiron de promettre au médecin tout l'argent qu'il demandera . Pour être guéri de la lèpre, un légat s'engage à verser 200000 sesterces à un spécialiste de cette maladie venu d'Egypte et qui n'a pas son pareil en Occident . Ce système ouvre bien entendu la porte aux abus : les patients s'y prêtent par crainte d'être mal soignés. Reprenons l'exemple de Cicéron : il demande à Tiron de mettre la somme qu'il faudra pour le rétablissement de sa santé et tout particulièrement " d'encourager le zèle " du médecin . Ces dépenses poussent parfois le malade à s'endetter lourdement. Si les charlatans sont contraints de baisser leurs prix au temps de Pline, ce n'est pas par modestie mais parce que la concurrence est très forte .
Dans une société où l'acte médical n'est pas officiellement tarifée, où les classes sociales élevées peuvent se réserver à prix d'or les services, parfois exclusifs, des meilleurs praticiens, il est compréhensible qu'aient pu être édifiées des fortunes dont les écrivains se font l'écho. Dans les provinces, les gains ne sont pas comparables avec ceux des grandes villes et surtout de Rome. Il n'est pas anormal que des médecins sérieux aient pu faire fortune en raison de leur compétence, de leur renommée et de la richesse de leur clientèle. L'indignation de Pline l'Ancien donne une idée des fortunes auxquelles parviennent les médecins célèbres :
" Je passe sous silence de très nombreux et très célèbres médecins, tels les Cassius, les Carpetanus, les Arruntius, les Rubrius, dont le traitement annuel dans les maisons princières s'élevait à deux cent cinquante mille sesterces. Q. Stertinius déclara aux princes qu'il se contenterait de cinq cent mille sesterces, faisant valoir, en énumérant les maisons, que sa clientèle lui en rapportait six cent mille. Son frère touchait lui aussi pareille somme de l'empereur Claude, et on estime que tous deux, bien qu'ils eussent amoindri leur fortune dans l'embellissement de Naples, laissèrent un héritage de trente millions de sesterces. A la même époque, seul Arruntius fut aussi riche… Crinas de Marseille laissa récemment dix millions de sesterces après avoir dépensé à peine moins à construire les murs de sa ville et à fortifier d'autres cités . "
Charmis, autre Marseillais venu chercher fortune dans la capitale, traite pour deux cent mille sesterces avec un malade de province . Antonius Musa reçoit quatre cent mille sesterces pour avoir sauvé Auguste en 23 av. JC . Il arrive toutefois que le pouvoir réagisse contre ces gains excessifs : Claude confisque dix millions de sesterces au chirurgien Alcon. Exilé en Gaule puis rappelé, il regagne la somme en quelques années .
En dehors de ces questions purement financières, les médecins peuvent espérer se voir récompenser par d'autres moyens.

 

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